De l’art de la collaboration

La collaboration est une chose courante aussi bien dans le monde de la photographie que dans le monde du mariage. Il est donc important de discuter de l’art de la collaboration en photographie.

Shootings collaboratifs et photographe

Que ce soit à l’initiative d’une créatrice de robes de mariée, d’un.e wedding planner, d’un.e fleuriste ou d’un traiteur, il n’est pas rare d’être sollicitée pour y participer. La photo a un rôle capital dans les shooting collaboratifs car c’est en somme la vitrine de tous les talents réunis. Vous auriez beau avoir les plus grands talents de la scène du mariage réunis sur un shooting d’inspiration, si les photos étaient ratées, aucun de ces talents ne seraient mis en avant. Logique, non?

Et l’on oublie souvent l’essentiel : la vitrine de tous ces talents est également, et surtout, la vitrine de la photographe.

Photos?  Indispensables! Photographe? Meh

Je vais prendre mon exemple tout personnel (c’est encore celui que je maîtrise le mieux 🙂 ) pour illustrer le fait que, bien que la photographie soit essentielle dans des shootings d’inspiration (#vitrine), la photographe, elle, semble trop souvent accessoire.

Quand vous me contactez pour une collaboration, vous le faites parce que, à minima, mon style et mon univers vous plaisent, ou bien vous pensez que mon style et votre projet se rejoignent, ou encore que je peux être force de propositions pour concrétiser votre projet. J’écris « me/mon/je » mais ça devrait s’appliquer à n’importe quel.le photographe que vous contactez pour une collaboration.

Prendre un.e photographe par défaut, c’est irrespectueux autant de votre travail que de celui de la photographe concernée.

To be or not to be la photographe de ton shooting

Il m’est arrivé quelques fois de refuser des projets parce qu’ils ne me correspondaient pas (coucou la #teamchampêtre). Ce genre de demande m’interloquent toujours et me font me remettre en question assez sérieusement (les joies d’être une zèbre). Est-ce que la personne s’est donné la peine de consulter mon site? Est-ce que mon coeur de cible n’est pas assez mis en avant ? Est-ce que j’ai des photos qui laissent penser que je dirais oui sans hésiter à ce genre de thème ? Est-ce que je communique mal à ce point ? Est-ce que je devrais refaire mon site ? Supprimer des photos sur ma page Facebook ? Mettre d’autres photos encore plus explicites quant à mon univers ? Rajouter un? deux? douze? paragraphes dans ma bio ? Faire une plaquette sous forme de thèse – antithèse – synthèse pour expliquer mon univers ? Raccrocher mes réflexes et changer de boulot ? (oui, je vais souvent dans les extrêmes, les joies de l’hypersensibilité)

Dans ces cas là je renvoie vers des consoeurs ou des confrères dont je pense que le style correspond plus à la demande. 99,9% c’est l’accord parfait. Ce qui me réjouis, et me permets de retourner à ma remise en question existentielle ^^’

Parfois je n’ai même pas vraiment le temps de réfléchir : appelée le mardi pour un shooting le vendredi, appelée à 7h pour un shooting à 9h (coucou loutre <3), j’y vais, je fonce. Sans instructions, sans briefing, sans rien valider. J’arrive sur place, je vois ce qui se passe, je fais mon travail (et généralement, ça se termine en publications, ce qui est plutôt rassurant pour ma part).

De l’importance de kiffer

Faisons des statistiques à la louche : je passe 80% de mon temps sous pression. Aussi bien en reportage mariage que familial que devant ma compta, j’ai une pression constante, une tolérance d’à peu près 0 pour les erreurs, un devoir de résultats et l’obligation de me plier aux demandes de mes client.e.s (dans la mesure du raisonnable, of course). Par exemple, si les marié.e.s m’ont fait une liste de 30 groupes pour les photos de groupe en dépit de mes instructions préalables, pas le choix, je passe 2h30 à faire des photos de groupe. Ou encore si mon couple veut absolument faire les photos de couple à 14h30 après la mairie, pas le choix : je fais le deuil de ma golden hour, je sors mon filtre ND et je prie pour trouver un spot dans lequel la lumière dure profitera à tout le monde. Si mes marié.e.s ont des invité.e.s qui me bloquent pendant les cérémonies (avec leur smartphone ou leur impolitesse), pas le choix que de me contorsionner et m’adapter en 5 secondes pour ne pas rater l’échange des alliances. Tu saisis l’idée globale, j’en suis sûre.

Les 20% restant de mon temps de travail, j’ai envie de kiffer. De prendre le temps de tester ce que l’obligation de résultat ne me permet pas de tester, de faire des choses qui vont mettre en avant ce que je sais faire, de prendre le temps de bien le faire, et de pro-fi-ter d’être avec des équipes de prestataires hors normes, réuni.e.s dans un esprit convivial, animé.e.s par l’envie de donner le meilleur et de s’éclater (oui, je vis au pays des bisounours, et alors?)

Oui, mais…

(Tu le sens venir depuis le début, pas vrai? Ce « oui mais », petit cailloux dans l’engrenage qui m’a fait prendre mon clavier pour te submerger d’explications circonvenues ?)

Oui mais attention, la limite entre collaboration et commande peut être ténue (et en même temps pas tant que ça). Je t’explique les majeures différences, tu vas comprendre.

En collaboration, tu peux donner des instructions de ce que tu envisageais et te concerter avec ta photographe pour valider tes envies.
En commande, tu as un cahier des charges auquel ta photographe doit se conformer dans la mesure du réalisable.

En collaboration, tu fais confiance à ta photographe, tu lui laisse carte blanche après avoir validé avec elle tes envies.
En commande, la prise d’initiative est mal venue et ta photographe te concerte pour la moindre idée qui sort de ton cahier des charges.

En collaboration, tu écoute les conseils ou les besoins de ta photographe.
En commande, tu lui dis que rien ne bouge et qu’elle se débrouille avec ce qu’elle a.

En collaboration, tu laisses ta photographe gérer ses prises de vue, les modèles et son temps.
En commande, tu diriges les modèles à sa place et tu gères son temps, quitte à ne même pas lui laisser une pause déjeuner digne de ce nom.

En collaboration, ta photographe est là de son plein grès, gratuitement, car elle est censée elle aussi en retirer du positif.
En commande, tu as signé un devis, versé un acompte et tu reçois une facture avec les photos.

Que ce soit bien clair

Même quand tu payes ta photographe, rien ne t’autorise à exiger l’impossible, lui faire sauter un repas et t’agacer de ses conseils et besoins. Si tu as décidé que tu aimes le font vert à rayures oranges mais que tu places ta photographe de telle sorte qu’elle n’aura que le mur fuchsia à pois jaunes en arrière plan, écoute là quand elle te dit que ça serait mieux qu’elle se place autrement.  FLASH NEWS : la photographie, c’est son métier ! Et même si tu la payes, elle reste en droit de te claquer la porte au nez si tu la traite de manière déshumanisée.

Personnellement, je suis quelqu’une d’autonome et d’indépendante. Quand on prépare un projet auquel j’accepte de participer parce qu’à priori je vais kiffer, quand j’ai validé les scènes et idées de prises de vue qui m’ont été soumises, quand tu connais déjà mon travail, à priori, le jour du shooting, je vais me mettre en action et rouler ma bosse dans mon coin en laissant chacun.e maître.sse de son art. Il est rare que je montre des photos brutes de boitiers pour faire valider mon travail. Je sais ce que je fais et je le fais bien. Quand je montre des photos brutes de boitiers c’est plus pour rassurer mes modèles anxieux.ses qu’autre chose.

De l’art de la collaboration

Les shootings d’inspiration, les collaborations, doivent apporter à tout le monde, mais plus encore à la photographe ! C’est avant tout sa vitrine à elle. Oui, on verra la robe. Sous toutes les coutures. Mais pas sur tous les clichés. Oui, on verra les fleurs. Dans tous leurs états. Mais pas sur tous les clichés. Certes le lieu sera le décors. L’arrière plan parfois nettement visible. Mais pas sur tous les clichés. Oui, les bijoux seront mis en avant. Probablement avec mon objectif macro que j’ai d’amour. Mais pas sur tous les clichés. Oui, le costume sera bien sûr montré. Lui aussi sous toutes les coutures. Mais pas sur tous les clichés. Oui, le maquillage sera important. Présent toute la journée. Mais pas sur tous les clichés.

Alors que sur tous les clichés le travail de la photographe, lui, y sera.

Sur 100% des photos.

L’intégralité du shooting d’inspiration sera la vitrine de la photographe.

Pas celle de la créatrice.
Pas celle du coiffeur.
Pas celle de la make up artiste.
Pas celle du traiteur.
Pas celle de la cake designer.
Pas celle du DJ.
Pas celle de la joaillère.
Pas celle du décorateur.
Pas celle de la wedding planner.

Celle de la photographe.

Mon reportage est ma vitrine entière. Chacune de mes photos que toutes les équipes des collaborations partagent constituent ma vitrine, en plus de constituer la leur pour les clichés qu’iels choisiront de mettre en avant.

Alors si tu me choisis, sois sûre de me choisir pour les bonnes raisons.

Et si tu me choisis mais que tu veux tout contrôler, ne me demande pas mes disponibilités pour un shooting d’inspiration.

Demande moi un devis.

 

Share to FacebookPin Site ImageTweet This Post

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

*

*